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Chroniques d’un moniteur perdu sous les tropiques
samedi 9 mai 2026
, par
Bonjour à tous,
Il y a un mois et demi, je vous écrivais depuis la Martinique pour vous annoncer mon nouveau départ : une nouvelle vie, un nouveau métier, un nouveau défi.
Je vous parlais d’émerveillement, de découverte, et de cette sensation d’être exactement à ma place.
Et c’est toujours vrai.
Mais entre nous... je crois que je vous ai un peu vendu du rêve.
Parce que la réalité, c’est aussi :
L’humidité qui dissout littéralement un être humain,
Les moustiques antillais qui se nourrissent probablement de protéines en poudre,
Et le karma, qui existe très clairement dans le métier de moniteur.
Alors voilà un petit retour d’expérience, version non filtrée.
LE CHOC CULTUREL (ou comment j’ai appris à lâcher prise)
Ici, les gens sont adorables.
Mais le rapport au temps est comment dire ?... légèrement différent.
En métropole :
"Le bateau part dans 10 minutes."
En Martinique :
"Oui oui, on arrive."...Et puis plus rien.
Au début, j’attendais, stressé, avec ma montre.
Maintenant, moi aussi je réponds "j’arrive" alors que je suis encore en tongs avec un thé à la main.
Je m’intègre quoi .
ci, les gens sont adorables. Mais le rapport au temps est comment dirais-je …quelque peu différent.
En métropole :“Le bateau part dans 10 minutes.”
En Martinique :“Oui oui, on arrive.” ... Et puis plus rien, ;-)
Au début, j’attendais stressé avec ma montre.
Mais on prend très vite le pli, maintenant moi aussi je réponds “j’arrive” alors que je suis encore en tongs avec un thé à la main.
Je m’intègre quoi .
Allez je vous raconte deux-trois petites anecdotes de mon quotidien.
La semaine dernière je suis allé donner un coup de main à une autre structure, ... nouveau bateau, nouvelle façon de procéder, quand le pilote est à la barre, il ne peut voir l’avant , du coup c’est moi qui le guide pour attraper le mouillage gaffe à la main :
« A babord ! Non à Tribord ! Non attends, reviens sur Babord, là oui c’est bien... Non non, reviens sur Tribord ect... »
je vous laisse imaginer la scène devant les clients en train de courir d’un bord à l’autre du bateau pour attraper le mouillage. :-)
Et puis contre toutes attentes, j’attrape ENFIN ce fichu mouillage...
« C’est BON !!! je l’ai, barre arrière, non attend barre avant, oui là c’est bien . Je l’ai, je l’ai , je l’ai... Je l’ai plus , ET PLOUFFFF ... Euh ! J’ai plus la gaffe non plus »
Et là, qui c’est qui va se mettre à l’eau avec Palmes et masque pour aller chopper le mouillage, hein c’est qui ? je vous laisse deviner .
Mais il y a d’autres choses qui peuvent arriver aussi.
Comme cette simple sortie baptême, petit briefing, mise à l’eau et nous sommes parties, on fait notre petit ballade tranquillou... ET LA, devant moi ... Passe une raie Mobula, à peine à 4 mètres de moi, 2 mètres d’envergure, gracieuse comme jamais, magnifique au possible, et tout ça dans tout juste 4 mètres d’eau . Quand je l’ai vu passer, mon cerveau à buggé, j’ai chopper mon baptème, « T’as vu ?! , T’as vu ?! , T’as vu ?! dis t’as vu ?! »
Je sais même pas qui était le plus impressionné des deux ;-)
Le genre de moment complètement irréel qui te rappelle pourquoi tu fais ce métier.
Bon évidemment, maintenant les baptisés pensent probablement que chaque plongée aux Antilles inclut une raie géante offerte avec le sourire du moniteur.
Du coup, bah je me suis fait pourrir par les collègues !
Merci pour les standards impossibles à tenir.
Et puis il y aussi des trucs comme ça.
Une cliente adorable qui s’entraînait au parachute de palier.
Exercice nickel.
Tout se passe bien.
De retour sur le bateau, elle veut gentiment aider à ranger le matériel.
Très bonne intention.
Vraiment.
Sauf qu’en voulant ranger mon spool...
PLOUF.
Direct dans l’eau. Et là, le silence du bateau.
33 mètres de fil.
À remonter. À la main. Depuis le bateau.
Je crois qu’à ce moment précis, j’ai vu mon âme quitter temporairement mon corps.
Le plus dur étant évidemment de rester professionnel et souriant pendant que ton cerveau répète :
"33 mètres... 33 mètres... 33 mètres..."
LES MOUSTIQUES : PARLONS-EN
Alors les moustiques.
Je vais être honnête :
Ça ne devrait pas exister.
Je refuse de croire qu’une créature aussi petite puisse autant ruiner une soirée.
Ici, ils ont une agressivité qui force le respect.
Tu peux être entouré de dix personnes : ils te choisissent TOI.
Je pense sincèrement qu’ils repèrent les nouveaux moniteurs à l’aéroport.
MAIS MALGRÉ TOUT...
Franchement, cette expérience est incroyable.
Entre les plongées tropicales, les rencontres, les paysages et les moments complètement absurdes du quotidien, chaque journée apporte une nouvelle histoire.
Et même quand tu passes 20 minutes à remonter ET démêlé un spool tombé à l’eau sous 35°C après t’être fait dévorer par les moustiques...
Tu finis quand même la journée devant un coucher de soleil sur les Caraïbes.
Ce qui aide beaucoup à relativiser.
Je vous l’avais dit dans mon premier message : changer de vie n’est jamais facile.
Mais c’est aussi ça, l’aventure.
Les galères font partie du voyage.
Et honnêtement ?
Je ne changerais ça pour rien au monde.
J’espère que tout va bien au club et que personne n’a encore oublié son détendeur monté sans opercule .
Je pense souvent à vous ici.
Et si certains veulent venir vérifier tout ça par eux-mêmes, vous êtes les bienvenus.
Mais prenez de l’anti-moustique.
Beaucoup d’anti-moustique.






